Nouveau record mondial dans la « fenêtre de l’eau »
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Nouveau record mondial dans la « fenêtre de l’eau »
Le Laboratoire Charles Fabry (LCF), en collaboration avec plusieurs partenaires internationaux, a établi un nouveau record de réflectivité pour des miroirs multicouches utilisés en optique des rayons X. Ces résultats ont été publiés début 2026 dans le Journal of Applied Physics.
Une région clé pour de nombreuses applications
La « fenêtre de l’eau », située entre les seuils d’absorption du carbone et de l’oxygène, constitue une région spectrale stratégique pour de nombreuses applications scientifiques et industrielles. Elle est notamment utilisée en imagerie biologique à haute résolution, en microscopie X, dans les technologies des semiconducteurs ainsi que dans les grandes infrastructures telles que les sources synchrotron et les lasers à électrons libres.
La conception d’optiques performantes dans cette gamme reste toutefois un défi technologique majeur, en raison des contraintes physiques propres à ces longueurs d’onde.
Une avancée expérimentale majeure
Le groupe Optique XUV du LCF, coordonné par le professeur Franck Delmotte, a développé une nouvelle génération de miroirs multicouches innovants. Ces travaux ont permis d’atteindre une réflectivité de 35 % à 396 eV, soit la meilleure performance jamais obtenue dans cette gamme spectrale en incidence quasi normale.
Cette avancée repose également sur un important travail de métrologie. Des mesures comparatives ont été réalisées sur plusieurs grandes infrastructures internationales, parmi lesquelles SOLEIL, l’Advanced Light Source et BESSY II. Ces campagnes expérimentales ont permis d’identifier avec précision certains biais de mesure et d’approfondir la compréhension de phénomènes physiques tels que la diffusion de la lumière à ces échelles.
Des perspectives pour la recherche et l’industrie
Ces résultats posent des bases solides pour la caractérisation fiable de miroirs X haute performance. Ils ouvrent également des perspectives pour le développement des futures installations synchrotron et des sources laser X, ainsi que pour des applications avancées en science et en industrie.
Les travaux menés ont par ailleurs permis de confirmer la stabilité à long terme de ces miroirs, un paramètre essentiel en vue de leur intégration dans des dispositifs opérationnels.
Une dynamique scientifique internationale
Avec cette publication, l’Institut d’Optique Graduate School confirme son rôle à l’interface entre recherche fondamentale, instrumentation de pointe et grandes infrastructures internationales. Ce résultat illustre la qualité des collaborations scientifiques engagées et la capacité des équipes à relever des défis technologiques de premier plan.
L’ensemble des équipes impliquées dans ce projet est à saluer pour cette réussite scientifique et collaborative.
Photos par Christophe Peus.